7 février – Triste anniversaire pour Madagascar

Depuis 2009, la date du 7 février est resté dans les mémoires parce qu’une fois encore, l’histoire de Madagascar est entachée de sang. Oui, une fois encore parce qu’il y a eu à plusieurs reprises au cours de notre histoire, des fusillades, des morts, des orphelins et surtout des guerres politiques, dont les pertes ne concernent jamais les politiciens. Eux, ils gagnent toujours. Pourquoi le 7 février aucun politicien n’est tombé sous les balles? Aujourd’hui encore, les politiciens s’accusent d’être responsables de la fusillade du 7 février. Mais il n’y a pas de procès objectif, il n’y a pas de preuves irréfutables, il n’y a que des rumeurs, des jugements partisans, des déclarations dont on doute de la véracité… Il n’y a que cette pourriture politicienne qui profite à une poignée de Malgaches et qui détruit le reste de la population.

Je voudrais rendre hommage à tous ceux qui sont tombés sous les balles ce jour-là. Qu’ils reposent tous en paix, quelle que soit la raison qui a fait qu’ils se soient trouvés sur cette place maudite. Je pense notamment à Ando Ratovonirina, un journaliste qui ne faisait que son travail. Je ne l’ai pas personnellement connu, mais nous étions membres d’un site communautaire et je le connaissais surtout sous son pseudonyme Hathor. Le samedi 7 février, je me souviens avoir été en ville avec mon mari. Mais on est rapidement rentré quand on entendait à la radio que des manifestants allaient marcher vers Ambohitsorohitra, vers le Palais présidentiel. Une fois à la maison, on a allumé la radio à la hâte. Et on est resté assis sur le lit pendant 2h je crois. On entendait la fusillade, les journalistes qui transmettaient en live et qui étaient cachés derrière des murs…et quelqu’un a dit « Ando de chez RTA a été touché » J’ai immédiatement pensé à Hathor parce que je savais par mon amie Lynda qu’il travaillait à la RTA. J’ai appelé Lynda, elle n’a pas eu plus de news que moi. Tout le reste de l’après-midi, je me demandais…Ça faisait bizarre de savoir qu’une personne que tu connais même virtuellement est tombée sous ces balles dont tu entendais le retentissement à la radio. Alors que les forums politiques sur le site communautaire dont je parle plus haut étaient animés d’une manière virulente dans les jours précédents, tout le monde a eu la sagesse de mettre les opinions divergentes de côté. C’était le silence total, parce qu’un des nôtres est mort. Nous avions mis sa photo en profil, un jeune homme qui regarde au loin, une casquette avec la visière dans la nuque, le cordon d’un appareil photo autour du cou. Je m’en souviendrai toujours je crois. Je me souviens aussi de ces images de lui, agonisant et ensanglanté que les gens partageaient à tout va. Ici, il n’y a pas mieux pour faire sensation. Il faut croire que le sang, la souffrance, même le dernier souffle d’une personne intéressent certains. Ando n’a pas été la seule victime de cette maudite fusillade. Il y a eu beaucoup de morts. Combien? On ne le saura jamais avec précision. A quoi bon? Nos politiciens sont sourds. Ils sont égoïstes. On aura beau pleurer, supplier ou se fâcher, ils n’entendent rien. S’ils ne nous tuent pas à coup de fusils, ils s’en chargent à coup d’injustice, de corruption, de trafics en tout genre. Ils ont le sang de nos parents, de nos frères sur les mains, mais ça n’a aucune importance.

Mais tout n’est pas perdu.

Il y a quelques mois encore, j’étais persuadée que tout était perdu et qu’on devait juste se taire et suivre le courant. Mais ces derniers temps, j’ai décidé de faire quelque chose. Je ne vais pas m’intéresser à la politique maintenant, grand Dieu non! Juste qu’on peut faire autre chose pour aider à faire bouger les choses. Beaucoup de gens agissent (ou pas), parlent, hurlent, insultent et haïssent à cause de la politique et ils sont déjà assez nombreux comme ça. Ceux qui ne s’intéressent pas de près à la politique peuvent s’investir dans le social. Pas besoin d’avoir des moyens de fous. On peut parrainer un enfant pour qu’il aille à l’école avec toutes les fournitures nécessaires. On peut proposer une cantine scolaire à la campagne, même pour un seul jour de la semaine. Il y a tellement de choses à faire. C’est à l’État de les faire, mais il ne le fait pas, voilà une bonne occasion de faire des bonnes actions. Chacun peut apporter une pierre à l’édifice, comme un grain de sable dans le désert comme une goutte d’eau dans l’océan! C’est insignifiant si on se réfère à la société entière, mais c’est beaucoup pour les gens à qui on décide d’apporter notre soutien et notre aide.

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