Une semaine à la campagne: la fête de l’indépendance

Bonjour,

J’ai eu l’opportunité cette année de fêter le 26 juin, notre fête de l’indépendance, à la campagne. Il était hors de question d’y aller sans les lampions en papier des enfants, les symboles incontournables de cet événement national. Nous avons également prévu de petits ustensiles de cuisine pour faire le tsikonina, notre dînette traditionnelle. Le but est de cuisiner pour de vrai, mais sur un petit réchaud à  charbon, avec une mini marmite, une mini poêle, etc.

Tsikonina

Et pour les adultes, nous avons préparé du poulet et de la viande de zébu pour le masikita (des brochettes grillées) sans oublier la fameuse THB, la bière incontournable de toutes nos fêtes. En tout cas, les festivités ont lieu le 25 juin au soir et durant la journée du 26 juin. Enfin, en théorie!

Nous sommes arrivés au village vers midi. Une famille a tué un cochon qu’un boucher qui s’est déplacé pour l’occasion vend en faisant du porte à porte. La bête a été vendue sur le village même et dans les villages voisins. Souvent absente sur les tables campagnardes, la viande est l’invité d’honneur des fêtes comme celle-ci. Et on a choisi le cochon le plus gras. Il est de coutume que la viande baigne dans son gras, comme lors des vary be menaka. Mais par égard pour notre estomac peu habitué aux morceaux les plus grassouillets, nous avons quand même demandé les parties les plus maigres. Le boucher demande à une dame à laquelle il a déjà vendu de la viande si elle veut bien en rajouter encore. Elle répond qu’elle ne saurait plus quoi en faire puisqu’elle en a déjà acheté 2kg alors qu’ils sont deux à la maison. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas d’électricité au village. Donc, pas de réfrigérateur pour conserver les aliments. Soit on mange tout en une fois, soit on fait bouillir et rebouillir la viande tous les jours jusqu’à ce qu’on la cuisine pour de bon. Pour les plats déjà cuisinés qu’on ne termine pas, il faut bien réchauffer à chaque fois et tout terminer le plus rapidement possible. On ne gaspille pas la nourriture, surtout pas la viande!

Quelques personnes s’attroupent autour du boucher et nous demandons s’il y aura une parade des lampions le soir. Les réponses sont confuses, ça ne se fait plus trop depuis que la plupart des enfants du village ont grandi et sont partis poursuivre leurs études en ville. Tant pis, on décorera le balcon avec nos lampions allumés et on passera la soirée autour d’un bon feu. Cet hiver sec et froid qui nous accueille le mérite bien.

A la nuit tombée, chose promise chose due, nous allumons le feu pour notre grillade party. Il n’y avait pas de meilleure façon de bien se retrouver, dans ce foyer simple et rempli d’amour. Nous avons allumé nos lampions et les avons accroché à la corde à linge pour illuminer cette nuit sombre et froide d’hiver. Nous avons aussi fait péter quelques pétards pour rompre le silence du village. Loin des animations et des feux d’artifices de la ville, notre soirée du 25 juin à nous brillait par sa simplicité.

Le lendemain, toujours un jour de fête, nous avons passé la journée dans un village si silencieux qu’on n’avait pas du tout l’impression que c’était la fête. Mais en fait, ce silence était si bon, nous en appréciions toutes les secondes. Quand on veut changer du bruit de la ville, je vous assure que ce genre de silence est très apaisant. On a bien mangé, on s’est bien reposé aussi. Et en début de soirée, nous allumons la télé (geste simple, mais si privilégié dans ce coin perdu sans électricité) et constatons que quelque chose de grave vient de se passer sur Tananarive, au Stade de Mahamasina où des milliers de gens sont venus faire la fête. Il y a eu une explosion dans la foule…Ne pouvant pas regarder la télé longtemps, nous avons terminé la soirée sur une note d’angoisse puisqu’il a fallu attendre le lendemain pour vraiment savoir ce qui s’est passé. Trouvez quelques infos à ce propos ici.

Arendrina

ps: les prochaines publications seront consacrées à cette fameuse semaine à la campagne histoire de partager avec vous des moments, des lieux et des réalités qui m’ont touchée et que j’ai vécue intensément. J’espère que cette série d’articles vous plaira. A bientôt! 

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6 réflexions sur “Une semaine à la campagne: la fête de l’indépendance

  1. Je suis contente pour toi et ta petite famille d’avoir pu vous ressourcer malgré les mauvaises nouvelles qui sépassaient en ville.
    Pas plus de commentaire, je suis un peu vidée par tout ce qui se passe ses derniers temps (désolée)
    Je te fais des bisous

    Aimé par 1 personne

    • gros bisous IkalaFanja. Oui, c’est une chance de pouvoir s’éloigner un peu de la ville et de ses tracas le temps d’une semaine même si nous étions de tout cœur avec le reste de la population à la suite de ce qui s’est passé

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    • Retrouvez la suite dans le prochain épisode de votre série du moment: Une semaine à la campagne 😀 La suite arrive bientôt. Bisous Mamélie et merci pour ton assiduité sur le blog

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  2. Ping : Une semaine à la campagne: les souvenirs. | Une goutte d'eau dans l'océan

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