Une semaine à la campagne: l’ananas

Bonjour à tous,

Non, je n’ai pas oublié cette rubrique où je vous raconte mes aventures campagnardes. Et je vous promets que le sujet du jour n’a rien avoir avec l’affaire d’ananas qui a secoué l’actualité malgache dans les jours qui ont suivi notre fête de l’indépendance. Vous avez raté l’ananasgate? Cette vidéo vous en dira certainement plus.

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’entretien de l’ananas quand il n’y a même pas encore de fruits. Je ne sais pas si tout le monde le sait, mais l’ananas pousse comme on peut le voir sur cette photo. Ici, nous avons un fruit encore très jeune, mais avec le temps (au bout d’un an environ), il grossira et deviendra jaune, parfumé, juteux et sucré.

Mananasy

En tout cas, j’ai participé à l’entretien de pieds d’ananas. C’est une dure labeur et je dis ça alors que j’ai travaillé un petit après-midi seulement. Je n’imagine même pas ce que c’est sur toute une année. Déjà, la plantation se trouve à une distance assez éloignée du village et les gens marchent loin parfois pour s’en occuper . Mais ce n’est rien face à tout le travail qui les attend par la suite.

J’imagine qu’il y a diverses étapes avant d’en arriver à la récolte. En tout cas, ce jour là, il fallait mettre du foin séché au pied de chaque ananas. Ça a l’air super simple dit comme ça, mais je vous assure que c’est dur.

Des tas de foin ont été déposés aux abords de la plantation quelques jours avant. Et ce jour-là, le travail se faisait en plusieurs étapes:

  • Prendre du foin sur les tas et les ramener près des ananas
  • Défaire les petites bottes de foin
  • Entourer chaque pied d’ananas avec du foin

C’est un travail très physique parce qu’il faut faire de nombreux aller-retour pour ramener du foin en sachant que le terrain est très accidenté. Du coup, il faut faire attention pour ne pas tomber ni écraser les ananas qui sont plantés par rangées. Ensuite, on se met debout pour défaire les bottes et on se penche pour placer le foin à la base des plants. Imaginez-vous faire ça tout un après-midi. Et le travail se fait pied après pied. Et le pire, c’est que cette plante est pourvue de nombreux petits pics qui vous arrachent la peau. Même ceux qui ont l’habitude de ce genre de travail souffrent parce que ça fait de nombreuses égratignures relativement profondes. Donc mes petites mains fragiles habituées à tapoter sur mon clavier d’ordinateur en ont littéralement pris pour leur grade.

Et encore, à chaud tu ne t’en rends pas forcément compte. Mais le soir, en prenant ta douche, tu as mal. Tu te demandes pourquoi tes mains et tes avant-bras font aussi mal. Tu regardes de plus près et tu paniques. Pourquoi ces rougeurs et ces petites plaies? Et tu mets un petit moment pour faire le rapprochement avec ton activité de l’après-midi hahaha

Mais bon, j’ai vraiment appris à relativiser lors de ce séjour d’une semaine à la campagne. Ces petites plaies n’étaient rien du tout face à ce qu’ils vivent là-bas à longueur d’année. Ils travaillent tellement dur pour une saison relativement courte d’opulence. Ce n’est pas de la pitié, c’est une admiration. Ils travaillent si dur. Ils ont l’air si pauvre parfois. Mais ils rient de tout. C’est incroyable! Ils rient de tout et leur rire fait vraiment chaud au cœur.

J’ai un peu posé des questions à propos de la culture d’ananas. La plupart des villageois travaillent en fait avec une société de production de jus naturel bio et ils sont donc sûrs de trouver acheteur au bout de tout le boulot à faire. J’en suis très heureuse pour eux parce que si vous vous souvenez, j’ai déjà parlé de leur difficulté à écouler leur production dans un précédent billet que vous retrouverez ici. A cette époque, ils se débrouillaient seuls, ce qui faisait baisser les prix de manière hallucinante.

En tout cas, je ne vois plus l’ananas du même œil. Evidemment, j’ai toujours été consciente que rien n’arrive facilement dans notre assiette, mais c’est autre chose quand on met la main à la pâte. Et encore, j’ai travaillé un seul après midi. J’ai dû finir une quarantaine de pieds d’ananas au maximum. Mais j’imagine ce que vivent ces cultivateurs avant de pouvoir récolter les fruits. Maximum respect!

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Une réflexion sur “Une semaine à la campagne: l’ananas

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