L’autre jour, j’ai été en ville…

Bonjour,

L’autre jour, j’ai été en ville. Ça arrive tellement rarement que je vous en parle même sur le blog. J’ai été en ville et j’ai vu le quotidien de quelques Malgaches, pauvres…ou pas.

L’autre jour, j’ai été en ville et il y avait toutes ces voitures avec une plaque rouge. Récemment, ils ont décrété que les voitures appartements à l’Etat seront désormais dotées d’une plaque rouge. Eh ben, il y en a un paquet, dis donc! C’est rassurant…ou pas! Toi qui te demandais parfois comment les gens faisaient pour rouler dans de si beaux 4×4 et surtout comment ils faisaient pour en avoir plusieurs? Et ben, quand tu vois tous ces 4×4 plaqués rouge, tu as la réponse à tes questions. Tes honteuses questions, d’ailleurs! Pourquoi te poser des questions comme ça sur le patrimoine des autres? Pas bien!

L’autre jour, j’ai été en ville et j’ai sympathisé avec un tireur de pousse-pousse. Le fait de monter ou pas sur un pousse-pousse soulève des débats. Tu es méchante, tu prends les gens pour tes esclaves, tu te prends pour une reine parce que tu te laisses tirer comme ça par un autre être humain, etc. Bon, faites ce qui vous semble juste. Moi ce jour-là, je suis montée dans un pousse-pousse. Cela m’a évité de marcher sur 2km en pente (j’ai donc payé pour rater une occasion de brûler quelques calories) et cela a permis au monsieur de gagner l’argent qu’il a demandé (je n’ai pas marchandé) Et on a même discuté et il m’a ensuite indiqué mon bus et j’ai appris des choses sur son travail. Par exemple, il loue le pousse-pousse 3.000ar par jour soit l’équivalent d’un peu moins de 1€. Et les pousse-pousse ont failli être interdits parce qu’ils créaient des embouteillages, mais maintenant, ils ne travaillent que sur une partie bien spécifique du quartier. Ils laissent donc les pousse-pousse à un endroit et abordent les gens à 50m de là. Bref, les pousse-pousse d’Andoharanofotsy sont à essayer sauf si cela va à l’encontre de vos principes fondamentaux évidemment et si vous avez des affaires à régler de ce côté de la ville. Parce qu’il faut être un peu fou pour se rendre là-bas juste pour faire un tour en pousse-pousse. Quoique!

L’autre jour, j’ai été en ville et j’ai aimé voir le marché aux fleurs. Les fleurs sont magiques. Elles ouvrent des parenthèses de douceur au cœur des brouhahas de la vie. Franchement, j’aime les fleurs. Je n’ai pas du tout la main verte. J’aime voir des choses sortir de terre et je me suis persuadée à un moment que j’ai la main verte…mais non! Je n’ai que des plantes « intuables », mais j’aime les fleurs. Il y a un marché aux fleurs à Anosy. Il y a des fleurs cueillies à mettre dans des vases, à offrir à un être cher ou à déposer sur un cercueil et il y a aussi des fleurs plantées en pot. Et les pots en terre sont magnifiques. Il y en des énormes et il y en a des minuscules qui iraient très bien avec mes petites plantes « intuables » Et la plupart des fleuristes à Tanà (petit nom d’Antananarivo, la capitale) sont des paysans. Le matin, ils ont les chaussures trempées parce que je suppose qu’ils marchent longtemps avant d’arriver au marché ou peut-être qu’ils ont cueilli les fleurs dans un champ humide de la rosée du matin ou peut-être…oui, peut-être… (et ton imagination peut aller très loin, comme ça!) Les chaussures trop larges et trop trempées du fleuriste racontaient une longue histoire. Il avait un bouquet de roses rose dans la main et un manteau trop large pour lui sur les épaules et un petit sac à dos trop remplis dont les bretelles trop fines devaient lui rentrer dans la peau. J’ai été un peu triste de voir le contraste entre la beauté de toutes ces fleurs et la pauvreté apparente des ceux qui les vendent. J’espère qu’ils ne sont pas aussi pauvres qu’ils ne laissent paraître. Je l’espère pour de vrai!

L’autre jour, j’ai été en ville et j’ai vu Antananarivo, la capitale de Madagascar, dans un piteux état. Les différents quartiers laissent apparaître clairement le fossé qui sépare les riches des pauvres. D’un côté, tu as les avenues commerçantes, les centres commerciaux, les beaux restaurants, les quartiers à banques et de l’autre, tu as le territoire des pauvres et des damnés, de ceux qui font cuire des chiens errants dans des boîtes de lait concentré, de celles qui vendent leur corps le soir comme elles vendent des cacahuètes la journée, de ceux qui boivent du rhum de mauvaise qualité en plein midi, dans le bar malfamé du coin, de ceux qui s’énervent quand tu ne leur donnes pas de l’argent, de ceux qui étalent des chaussures usagées, des boîtes vides, des bocaux sans couvercles et d’autres trucs en espérant se faire quelques billets. Les bidonvilles des bas quartiers dans les marécages et les Palais et belles résidences là-bas, sur la colline, près du ciel.

L’autre jour, j’ai été en ville et j’ai acheté deux jolies écharpes pour trois fois rien…dans la rue! Et les vendeurs de rue sont des champions. Les champions du un coup je vends mes trucs au clame, un coup je remballe tout en deux secondes et je cours et je crée la panique et j’insulte les agents communaux … Purée, la ville ce n’est pas pour moi. J’ai une phobie des « mouvements de foule » Ok, on ne peut pas dire foule pour 20 vendeurs de rue qui se mettent tout d’un coup à courir, mais quand même, ça vous fait peur quand vous n’avez pas l’habitude de ces choses là. En fait, beaucoup de vendeurs de rue vendent illégalement dans la rue et un camion de la commune passe régulièrement pour ramasser leurs marchandises. Du coup, ils jouent au chat et à la souris toute la journée. Enfin, c’est tout sauf un jeu, mais vous avez compris, quoi!

Bref, l’autre jour, j’ai été en ville!

Tana
« Les bidonvilles des bas quartiers dans les marécages et les Palais et belles résidences là-bas, sur la colline, près du ciel. »

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2 réflexions sur “L’autre jour, j’ai été en ville…

  1. Tana est une ville compliquée où il faut faire attention tout le temps, je préfère largement les villes plus petites quand on descends dans le sud où on peut se balader sans danger.

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    • c’est sûr que la sécurité est relativement précaire dans les grandes villes comme Tanà où les pickpockets et autres s’accumulent. ça reste toutefois une belle étape à découvrir lors d’un séjour à Madagascar. Il faut bien se renseigner et faire attention tout le temps et c’est vrai que c’est un peu compliqué. mais même dans les petites villes, il faut quand même faire attention même si l’insécurité n’est pas comparable à certains quartiers de Tanà

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